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Discussion: Recueil de RP d'Ariah Vitae

  1. #1
    Passionné Avatar de Ariah Vitae
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    Par défaut Recueil de RP d'Ariah Vitae

    Ariah Vitae,
    et la Découverte du Monde





    Devant le crépuscule matinal qui dépose une douce lueur sur l’herbe encore mouillée par la rosée, je m’émerveille de la beauté naturelle de ce lieu. Les couleurs suaves du paysage s’illuminent peu à peu au rythme paisible du lever de Soleil. Je m’étire, les muscles encore engourdis par la nuit. L’atmosphère se réchauffe rapidement sous l’initiative de l’astre magnifique et les mille et une étoiles se font chassées du ciel, dorénavant éclairci, parsemé de quelques rares nuages cotonneux. Le spectacle incroyable d’une nature laissant sa place à l’autre, d’un monde qui s’endort pour permettre à un autre de se réveiller, ce spectacle incroyable se déroule lentement devant mes yeux ébahis. Malgré l’habitude, je ne m’accoutume pas à cette routine extraordinaire, et ce n’est pas pour me déplaire.


    Voyant l’aiguille de l’horloge avancée, je me saisis de mon manteau et abandonne la ferme pour quelques heures. Je foule les champs à toute allure pour ne pas arriver trop tard ! Les mercenaires seront seulement en ville pendant une vingtaine de minutes, et il faut absolument qu’ils me recrutent ! Je n’ai plus l’argent nécessaire au fonctionnement de la ferme, et je sais me battre. Je n’ai plus d’autres options.. même si ce choix me déchire le cœur. En effet, la ferme appartient à ma famille depuis six générations, une éternité. Mais étant fils unique et devenu orphelin à l’âge de seize ans, je ne peux plus assurer seul le maintien en ordre nécessaire. Alors, me voici, vagabondant à travers les vastes étendues de la campagne, courant vers une nouvelle vie, une vie d’aventure, de capes et d’épées. Mais avant d’anticiper ce futur incertain, il faut que j’arrive un jour devant eux ! Je monopolise toutes mes forces et saute, esquive, virevolte, bondis et jaillis à une vitesse folle. Ca y est, j’aperçois la ville, je ne dois pas m’arrêter maintenant, allez ! Mes pas de plus en plus rapides avalent les mètres tels des ours sortant d’hibernation.

    Enfin ! après cette course digne des plus grands messagers du royaume, me voici à la place principale du village entourée par de belles chaumières fières de leurs colombages. Je me dirige vers la charrette des mercenaires, signalée par les puissants chevaux qui la tire. Face à moi se dresse trois colosses vêtus de nobles habits noirs : une cape avec capuche masquant en partie leurs visages, des gants amples remontant jusqu’au la moitié de l’avant bras, des bottes en cuir luisantes et le reste du corps recouvert par une lourde armure de fer forgé. J’interpelle le plus imposant d’un « Sir ? » timide. Lui, tournant son regard sévère en ma direction, me lâche sur un ton sec : « Tu veux t’engager ? Quel est ton nom ? Quel âge as-tu ? De la famille ? ». Surpris par cette conversation si abrupte, je me perds quelques secondes avant de balbutier, à moitié étranglé : « Oui je souhaite rejoindre votre rang ! Je me prénomme Ariah et me nomme Vitae, j’ai dix-huit ans, et je n’ai point de famille à laisser ici. »

    Une fois un manuscrit signé, un des hommes m’accompagne jusqu’à la ferme pour récupérer le peu d’affaires que j’emmènerai. Durant ce trajet, des milliers d’images traversent mon esprit animé par une sagacité rare. Mon enfance, mes parents, les jeux enfantins, Delmakrin en général.. je n’ai vécu nulle part ailleurs, jusque dorénavant. Les souvenirs de ce lieu magique envahissent ma tête trop petite pour tous les retenir, et malgré ma préparation psychologique le départ s’avère très difficile. Une douleur terrible dans la poitrine et ma gorge nouée préviennent les premières larmes qui perlent sur ma joue de jeune adulte. Un mélange de tristesse et de joie, un mélange d’un peu tout à la fois…

    « Je voyagerai léger, mais j’aimerais prendre mon cheval, est-ce possible ? », le mercenaire n’y voyant pas d’objection, mon visage s’illumine légèrement, soulagé par cette bonne nouvelle. En tout et pour tout, je pars avec dans mon dos un sac fabriqué pour les récoltes, une simple épée, et une tenue bien pauvre, mais agréable à porter, ou du moins, qui ne gênera pas mes mouvements. Ca y est. Me voilà sur la route du danger, de l’adrénaline, et sûrement des belles rencontres. Je pars, laissant une part de ma vie derrière moi, m’éloignant au rythme du magnifique coucher de Soleil orangé…


    A moi l’aventure !




    Chapitre 1 :
    Premier apprentissage




    Déjà deux longs jours que nous marchons sous le soleil cuisant. Les rayons qui s’abattent sur ma peau sont comme de minuscules cailloux projetés avec grande puissance. Jamais une fin d’été n’avait été aussi chaude. Mes jambes sont lourdes et semble décidées à s’arrêter d’ici peu de temps, usées par la fatigue opiniâtre. La faim me ronge le ventre, et le sommeil me manque… mais il faut marcher. Il faut suivre le rythme, si je veux survivre. Il le faut. Et même si chaque pas se fait ressentir comme un de trop, il faut poursuivre. Ne pas abandonner. Il est si rare d’avoir l’opportunité de réaliser un rêve, et je l’ai reçue. Ne pas gâcher ma chance. Il faut tenir… à tout prix !


    « Eh, petit ! Tu m’as l’air bien pale. Un problème ? » me lance un des colosses devant moi. Je bafouille un petit je vais bien si peu convaincant que mon espoir de passer pour un dur comme eux s’évapore en un instant. Je décide alors de jouer la carte de l’honnêteté, et je déballe mon sac. C’est avec de grands yeux qu’ils m’écoutent leur expliquer que je n’ai jamais manié d’épée en combat, que lorsqu’ils chassaient je n’ai pu cueillir que quelques baies seulement, que je suis mort de fatigue, que je suis mort de faim, … une vraie plaidoirie terriblement pathétique à l’image de mon état physique désastreux. Et à ma grande surprise, au lieu de se moquer, de me rejeter ou bien encore de m’humilier sur place, les trois hommes encapuchonnés me sourient gentiment : « Bon écoute, ce n’est pas si grave, il faut bien apprendre un jour si on veut savoir faire. Nous sommes tous passés par là avant toi, tu sais. Que dirais-tu de nous accompagner cette nuit ? Tu verras comment utiliser les vertus de la nature ! ».
    La sensation que je ressens est indescriptible ! C’est un mélange de jubilation, d’euphorie, et de profonde reconnaissance.

    Arguant sur les bien faits de la chasse, nous poursuivons notre chemin jusqu’à la tombée de la nuit. A ce moment, nous arrêtons la charrette et partons à la quête d’une clairière pour s’y reposer en attendant le nouveau jour. Nous en trouvons une rapidement : la forêt que nous traversons en est parsemée ! Je l’imagine bien vu d’en haut.. ça doit être un vrai gruyère. Le sol est recouvert d’une douce couche de mousse qui servira de matelas, et l’humidité légère laisse espérer un sommeil agréable et douillet. Mais avant tout, il faut rassasier nos gosiers vides qui hurlent presque plus fort que les loups. Etant six au total, plus un chien, depuis le recrutement de la ville dernièrement traversée, quatre restent pour garder le campement : un des mercenaires, les deux nouveaux, ainsi que le compagnon animalier. Je pars avec les deux autres recruteurs, muni d’un puissant gourdin, au fin fond des bois pour repérer du gibier. L’un deux, s’adressant à moi : « Si tu veux tuer un animal, il faut tout d’abord que tu le trouves. Et pour le trouver il y a deux méthodes : tu suis les traces au sol, ou tu suis les traces sonores. Au moins bruit, à la moindre empreinte, tu es certain d’avoir ta cible. ». Nous restons prostrés derrière un arbre durant des heures… jusqu’au moment où… un bruissement de feuillage… l’impression d’un mouvement de branche… Les deux puissants guerriers sont aux aguets… quand… *TCHAC* ! ils bondissent soudainement sur une ombre et l’assomment d’un coup sec !



    Après avoir dévoré ce délicieux repas, nous allons nous coucher à même le sol, heureux dans cette vie simple. J’ai la tête aussi traversée qu’une route par des milliers d’idées, et de rêves d’avenir ! Pour la première fois je me suis servi des ressources offertes par la nature pour survivre. Je respire le bien-être dans cette situation précaire, et je me sens légèrement aventurier, perception peut-être un peu imméritée, mais tellement gratifiante et source de vitalité, que je ne garde dans mon esprit que le côté positif. Oui, c’est ça, je pense que la meilleure chose à faire est d’être positif. Vivre, respirer positif. Croire en soi et en ses rêves, en ses espérances, et oublier ses doutes.


    Vivement demain !



    Chapitre 2 :
    L'étable et le sang





    La pluie nous picore le dos courbé, elle rebondit gracieusement à terre puis éclabousse le sol, elle revivifie nos corps déshydratés, et nous soulage de la chaleur. Puis viennent les éclairs qui déchirent le ciel dans un bruit de tonnerre ! Ils zèbrent les étoiles voilés par de gros nuages noirs, et illuminent la nuit par de terribles flashs. Le vent souffle à plein poumon pour les chasser, en vain, et manque d’arracher les arbres qui se dressent sur son passage. L’orage fait rage et semble comme l’oracle oratrice d’un mauvais présage, nous chuchotant à l’oreille qu’il nous faudra du courage pour affronter l’obstacle qui se prépare. Le chien appuie les dires naturels en hurlant à la mort, grelotant sous les torrents d’averses jetés depuis les sommets déchaînés…


    Rapidement, nous prenons la décision de nous mettre à la recherche d’un abri sûr afin d’attendre le jour en sécurité. Démonter le camp dans ces conditions dévastatrices n’est pas chose aisée, mais ce qui s’avère le plus dur est de faire bouger le cheval tétanisé par la peur. Après de nombreuses tentatives, nous parvenons enfin à le décider à nous suivre, et nous empruntons un petit chemin menant à un village perché en haut d’une colline. La montée me paraît infinie sous les colères divines, mais je continue l’ascension avec vigueur. Nous arrivons essoufflés en haut de la pente, la peau fripée par la bulle d’eau qui nous entoure, mais heureux d’y être parvenu. Nous rentrons dans la première étable que nous rencontrons, et nous séchons du mieux que nous le pouvons au milieu des vaches étonnées. Leurs souffles chauds nous réconfortent un petit peu, et nous ne tardons pas à nous assoupir, épuisés. Bercé par le clapotement de la pluie qui se calme peu à peu, je m’endors et sombre dans les bas fonds des songes nocturnes, flous et mouvementés. Les rêves s’étendent et je plonge dans un sommeil profond… j’ai l’impression de dormir des années. Les histoires se succèdent et ne se ressemblent pas, je vis plusieurs vies, je me transforme, je deviens un autre, puis je l’abandonne, et je flotte, je saute, je cours, je ris, je pleurs, j’aime, je hais. Je suis libre…

    « Psst ! Psst ! Ariah, réveille-toi. »
    Je soulève difficilement une paupière et entre-aperçois le chef des mercenaires, Inelutzu. Je lui grommelle : « Mrh qu’est-ce qu’il se passe ? ». Il me fait signe de me taire, et me montre l’extérieur puis son oreille : il y a quelqu’un ou quelque chose dehors. Etrangement, nous n’entendons aucun bruit. Rien. Pas même un oiseau qui chantonne. Ce n’est pas normal, nous sommes en plein village.. et le soleil est presque au zénith. Je me lève et me saisis de mon arme, prêt à réagir en cas d’attaque. Nous sommes tous les sept aux aguets. La tension monte. Une goutte de sueur coule de mon front jusqu’à mon menton puis se suspend à celui-ci comme étiré par la pesanteur… puis la goutte tombe, je la vois chuter au ralenti, tout doucement se rapprocher du sol, centimètre par centimètre, inexorablement entraîner vers le bas, jusqu’au moment où elle touche le sol… Là, le chien se jette à l’assaut de l’extérieur, les crocs acérés visibles, en aboyant férocement ! Quand tout à coup nous entendons une clameur guerrière rugir de derrière les murs ! Des dizaines d’hommes surgissent à l’intérieur de l’étable après avoir sauvagement trancher la gorge du pauvre canidé. Munis de leurs lances ils se jettent sur nous avec férocité ! Les épées trinquent avec les lances à la santé du combat furieux qui se déroule. Les fers se croisent, se décroisent, s’entrecoupent et déchiquètent la moindre parcelle de chair atteignable. Je me défends tant bien que mal, et prends peu à peu le dessus sur nos adversaires bien maladroits. A ma droite, Inelutzu enchaîne les victimes à une vitesse diabolique ! Tel un ange exterminateur, il pourfend les cœurs plein de vices de ses ennemis, et ne laisse derrière que des cadavres ruisselants encore animés par des spasmes nerveux. Le sang gicle, des membres atrophiés tombent, des armes ensanglantées gisent sur la paille, le bruit est infernal et la vision de la scène l’est tout autant ! Les pauvres vaches, terrorisées, beuglent à s’étouffer, et certaines s’effondrent sûrement prise d’attaque cardiaque. La violence extrême de ce triste spectacle me monte à la tête et bientôt, mes gestes deviennent automatiques. Je ne contrôle plus mon corps, je le laisse me guider. Les parades me sauvent et mes attaques les tuent. Après un, deux puis trois combattants éliminés, j’en décapite un quatrième ! Peu à peu leur nombre se restreint à une demi-douzaine d’hommes, puis diminue encore jusqu’à la mort du dernier survivant.





    En état de choc, je m’assoie par terre pour reprendre mes esprits, au milieu des cadavres. Les larmes me montent aux yeux et je craque. Je ne comprends pas, je ne saisis plus le sens des choses, pourquoi ?! Pourquoi ce massacre ?! Qu’avons-nous fait ??
    Alors que je me sens perdu dans un océan de questions sans réponse avec la sensation d’être un naufragé sur son radeau au milieu des eaux infinies, Inelutzu s’approche de moi. Bienveillant et compatissant, il me dit : « Pour un premier combat, tu t’es très bien débrouillé. Une bonne technique, et c’est en partie grâce à toi qu’il n’y a pas eu de perte de notre côté… à part le chien pour qui nous n’aurions rien pu faire… Ecoute, je sais ce que tu ressens. Tu dois te sentir seul, et sale. Terriblement sali. Mais tu ne l’es pas ! Tu t’es défendu, tu n’es pas un meurtrier. Tuer ces hommes était une nécessité, tu n’avais pas le choix, tu n’as pas à culpabiliser. En tant que mercenaire, tu verras de nouveau la mort de près, et tu tueras encore. Si cela est vraiment trop dur pour toi, tu peux te retirer, nous comprendrons. Mais sache que ce serait un énorme gâchis. Tu as du talent, et je pourrais même dire sans me tromper, que tu as ça dans le sang. Réfléchis à tout ça, et reviens me voir lorsque ce sera fait. » ; un peu rassuré par ses paroles, je reprends mes esprits petit à petit. Mais les interrogations perdurent… je m’adresse alors à mon mentor : « Sir, qui étaient-ils ? Pourquoi nous avoir attaqué ? – Eh bien.. Ce ne sont, malheureusement, que de pauvres paysans. L’ultime survivant m’a soufflé quelques mots avant de partir de l’autre côté… il m’a dit que le Seigneur vaincra, et que nous périrons tous. Je pense qu’il parlait du Seigneur Natar, Haëtan. Ce tyran a été couronné dernièrement, et il prétend que sa destinée, ainsi que la destinée de son peuple, est de contrôler l’ensemble du monde. – Qui sont les Natars ? Je n’ai jamais entendu ce nom nulle part. – C’est un ancien peuple. Ils faisaient régner la terreur dans toutes les terres, à une époque bien lointaine. Mais leur vanité déclencha leur propre disparition. Seule une poignée de famille survécut… une poignée de trop. – Pourquoi s’en prendre à nous ? ». Ses traits se durcirent et son visage se ferma. Les paroles qu’il va prononcer seront lourdes de conséquences, je le pressens. Mais que peut-il me dire de si grave ? La peur me noue la gorge, et palpite mon cœur qui battait déjà à la chamade. La tension est à son paroxysme, quand il entrouvre lentement ses lèvres jusqu’alors crispées…


    « Car nous sommes des mercenaires du monde oublié, Ariah. »

  2. #2
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    Chapitre 3 :
    La promesse




    Suite à la pluie, le beau temps… Le souffle puissant de l’air a fini par chasser le gris du ciel et le recolore en un bleu immaculé. Les oiseaux gargouillent joyeusement leurs chants mélodieux et la flore expose outrageusement sa magnificence dans des éclats de lumière solaire gorgés de zèle. Pour surenchérir, un arc-en-ciel se dessine avec vivacité agglomérant ainsi nos regards étoilés, enfantins. La nature explose dans toute sa splendeur et déferle une vague de vie sur nos âmes revigorées. Les rayonnements de l’astre suprême communiquent leur énergie vitale sur tous les environs, ressuscitant ainsi un paysage dévasté…


    Les mercenaires du monde oublié… Une expression frappante pour une mission ancienne. Un étrange pouvoir semble planer au dessus de nous. Peut-être se trouve-t-il là depuis le départ, lorsqu’ils ont accepté mon intégration, mais je n’ai guère eu le loisir de le découvrir. Peut-être n’étais-je que trop émerveillé pour m’apercevoir de la réelle identité de ce groupe. M’en trouvais-je toutefois désenchanté ? Pas le moins du monde. S’il faut combattre un ennemi exceptionnellement fort, alors, ma place est ici.
    Quelques heures avaient passé avant que je ne me remette de cette révélation. Non pas qu’elle ne m’effraie, car la noblesse de l’action forme une motivation suffisante à sa réalisation. Mais un tel fardeau semble peser sur leurs épaules qu’il m’apparait incroyable qu’ils réussissent à résister en si faible effectif. Nous marchons en silence depuis la fin du combat. Chaque pas nous éloigne de ce carnage, tout autant qu’il nous rapproche d’un autre. Mille questions taraudent mon esprit, mais je préfère attendre que les autres engagent la conversation. Si nous avons tous survécu, il semble évident que les blessures survenues nécessitent des soins importants. La chaleur étouffant nos moindres inspirations, discuter ne ferait qu’accroitre notre difficulté à avancer avec rapidité.
    Lorsqu’enfin, une pause est déclarée, mes pieds engourdis me déposent sans ménagement près d’une grosse roche teintée de mousses d’où coule une fine pellicule d’eau, rapidement engloutie par la terre sur laquelle elle s’est jetée. D’abord surpris, je décide de me lever pour m’écarter du chemin, à la recherche de la source. Je tombe quelques mètres en amont sur une petite rivière, raisonnablement fournie en liquide. Cela permettra à tous de s’abreuver et de remplir les gourdes pour la suite du voyage. Pendant que le repos est de mise, IneLutzu, en discussion avec un des mercenaires, a la surprise de voir apparaitre au loin une forme sombre. S’approchant à grande vitesse, je peux promptement distinguer un oiseau coursier, annonciateur de nouvelles que chacun espère agréables à entendre. Une fois sur le bras du chef, le majestueux volatile tend sa patte, et rend visible le papier qu’il transporte. IneLutzu le prend, en ouvre le cachet, et lit attentivement. Sa mine se renfrogne, comme dépité par ce qu’il vient de découvrir. Puis il se tourne vers nous :

    - Ni victoire, ni défaite, dans ce message, fait-il en montrant le parchemin. Mais des douleurs à venir, je le crains. Nos frères d’armes ont combattu l’ennemi au prix de douloureuses pertes. Dès lors, je ne peux parler de victoire, même si la totalité des troupes ennemies s’est retrouvée décimée…


    - Ainsi donc, nous ne sommes pas seuls ? Je m’en doutais, mais je n’osais demander la taille de notre armée, continué-je cherchant à satisfaire ma curiosité.

    - Ariah… La vérité est que nos forces n’ont jamais été aussi faibles. Notre ordre n’a plus eu de rôle à jouer en ce monde depuis bien trop longtemps. Sciemment, nous sommes restés passifs, ne renouvelant pas ou peu les hommes. Et aujourd’hui, alors que le danger n’a jamais été aussi grand, notre ordre ne compte plus. Cela doit changer. Il le faut ! Aussi avons-nous débuté le renforcement de nos troupes. Mais cela prend du temps, tu le sais.


    Je le vois s’approcher de moi, me mettre la main sur l’épaule tout en me fixant droit dans les yeux. Il porte le message à hauteur de la joue, et me dit :


    - Ceci m’apprend que bien des soldats recrutés sont tombés lors d’un assaut donné et ordonné par l’ordre. Alors que notre confrérie cherche à élargir grandement ses rangs, notre effectif diminue systématiquement à cause de ce genre d’action. Tu comprends la tâche ardue qui nous attend ? Nous devons nous renforcer avant d’envoyer nos forces se battre. Et pourtant, nous ne pouvons laisser les peuples à la merci du tyran, car nous faillirions dans notre mission.




    Je comprends, bien sûr, le choix dramatique qui s’offre à nous. Pour avoir une chance de vaincre, il nous faut former durant de longs mois nos hommes, et ne pas perdre d’éléments au risque de voir notre armée guère fournie pour les batailles finales. Mais protéger les peuples, et repousser l’ennemi, représentent les devoirs de ces hommes, et les miens désormais. Cela impliquera des pertes à chaque raid.
    On n’entend plus que les bruissements de feuilles, agrémentés du clappement de l’eau sur les rochers. Tous font silence, comme en plein recueillement. Je me décide quelques instants plus tard à le rompre, et demande :


    - C’est une impasse, et une réalité que j’ignorais... Mais qu’importe la décision que le groupe prendra, je la respecterai et vous suivrai, quoi qu’il m’en coûte… Alors, IneLutzu, quel choix faîtes-vous ?


    Tout le poids des mots prend son importance à ce moment là. L’atmosphère devenue lourde pèse sur mes épaules. Ma question va-t-elle trouver la réponse que je souhaite ? Je l’espère, et j’attends. Puis, toujours la main sur mon épaule, IneLutzu se charge de me répondre, du ton grave que je lui connais :

    - Ariah Vitae, nous allons réaliser ce que l’ordre, à travers les âges, a toujours enseigné à ceux qu’il formait. Nous allons réaliser ce que nos principes nous obligent à respecter. Nous frapperons l’ennemi, et nous ferons en sorte d’être munis des meilleures armes lorsque le combat final débutera. Mais jamais, tant que nous vivrons, le peuple ne se retrouvera sans protection. J’en fais le serment, devant mes dieux !

    Et tous, muets jusqu’à lors, se mettent à entonner la même promesse. Cette communion me fait prendre conscience de la gravité de ces paroles. Elle me persuade de joindre ma voix à celles de mes camarades. Pour IneLutzu, pour mes compagnons, pour ma nouvelle famille, et pour la vie en général, je prononce solennellement les mêmes mots,



    La même promesse, qui nous liera pour l’éternité…


    édit Chanta : Copie des messages porteurs de RP et mise en forme (spoiler)
    Dernière modification par Chanta ; 31/08/2012 à 02h35.
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  3. #3
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    Par défaut Re : Ariah Vitae, et la Découverte du Monde.

    La terre est soulevée par poignées de poussières sous l’emprise du vent. Il siffle à mes oreilles sa douce mélodie mélancolique tandis que nous traversons un petit bois. L’herbe et les racines envahissent les bords du sentier sûrement peu emprunté, et les fleurs semblent y être reines. En effet, les seules traces visibles sont celles d’animaux tels que des sangliers, des loups, et peut-être même des ours. Je ne distingue cependant aucun signe de vie de gibier dans cette forêt. Il semblerait que les prédateurs aient dévoré toutes leurs proies. L’ambiance devenait soudainement sombre, presque maléfique, suite à un virage…

    « IneLuTzu, je n’aime pas beaucoup cet endroit… Où sommes-nous ? »
    La voix portée par l’aura de son être, il commence à me conter le périple vécu par un jeune groupe d’aventuriers, jadis, qui s’était égaré dans les bois. Nulle trace n’ayant jamais pu être retrouvée, les rumeurs s’étaient installées et propagées dans les alentours. La version officielle évoquait un loup garou, terrassant ses proies dans la nuit. Pour régler définitivement ce problème, les villageois avaient brûlé l’intégralité du bosquet. Depuis, en périphéries, la nature avait repris ses droits. Mais les zones incendiées n’avaient jamais retrouvé leurs éclats d’antan. Dorénavant, les roublards, voleurs et autres escrocs du même genre le hantent, attaquant les courageux hommes qui osent pénétrer ce lieu maudit.
    - N’est-ce pas dangereux, dans ce cas ?
    - Nous ne risquons rien, groupés. Mais j’espère que nous pourrons croiser quelques-uns de ces bandits. J’ai à discuter avec leur chef… Si l’on peut appeler chef l’homme qui ne dirige que sa main…
    - Je ne me sens pas en confiance dans cet endroit. Quelque chose, dans l’air, dans les sons, m’angoisse… Nous ne sommes pas seuls… J’en suis convaincu.
    - Du calme ! Les bandits, à ma connaissance, ne combattent pas en groupe imposant.
    Peu rassuré, je me contente tout de même de cette réponse imprécise, tout en restant alerte au moindre bruit ou mouvement suspect. Mon cœur bondit dans ma poitrine tel un kangourou affolé ; mes jambes et mes bras tremblent presque tant je les contracte ; et des gouttes de sueur commencent à perler sur mon front… La pression monte.
    Au bout de quelques minutes, IneLuTzu nous fait signe de ne plus parler, et de quitter le sentier pour nous enfoncer entre les arbres. Nous pourfendons les ronces de nos épées pour passer à travers les buissons d’une densité remarquable. L’avancée se fait à vive allure malgré les obstacles, quand tout à coup, nous voyons de la fumée ! Je partage un regard droit dans les yeux avec IneLuTzu, et en un instant nous nous comprenons : je pars à gauche pour passer par derrière, tandis que le reste du groupe ira de front. Nous ne savons pas à qui nous avons à faire.

    Je m’enfonce dans l’obscurité, tout en gardant un œil sur les ombres de lumières projetées contre quelques arbres, sûrement par un feu. Je poursuis mon contournement, discret, mais peu expérimenté, et par conséquent je produis quelques légers bruits. Les feuilles mortes craquent tout comme les brindilles tombées au sol et les petites bêtes fuient sur mon pass.. Je m’accroupis. Chut. J’ai entendu des pas. Je me déplace tout doucement derrière un arbre pour être à l’abri. Je décale ma tête pour apercevoir les environs depuis derrière le tronc : rien. Etrange. Mes sens sont tous aux aguets, quand je repasse mon crâne à découvert : vu ! Trois soldats tout de noir vêtus ! Je me saisis du pommeau de mon épée et me lance à leur assaut ! Mais il est des temps anciens qui ne sont plus. Les bandits ne combattent pas en groupe ? Cet adage n’est plus. Sitôt découvert, des dizaines de guerriers surgissent de leurs cachettes, et referment leur piège sur moi… Les coups volent de toute part et le combat fait rage ! Je vois les épées s’entremêler et se frapper violemment, et je prends le dessus. Je pourfends mes adversaires, décapite les uns et étripe les autres ! Je sens une rage bestiale m’envahir et je perds rapidement mon contrôle. Mes gestes ne sont plus qu’automatismes et le temps n’a plus aucun sens. Alors que je recule pour mieux faire face aux survivants, une froide sensation au niveau de mes poumons me paralyse. Je tente l’espace d’une seconde de me remettre droit, mais l’intensité de la douleur submerge mes plus fortes velléités de combat. Je me sens tomber, inexorablement…







    Lorsque je retrouve la force de soulever légèrement mes paupières, je suis dans un bain de lumière presque noyé par le soleil. La chaleur m’envahit d’un coup brut, synchronisée avec le mal de mon corps. Mon bras et ma jambe droite sont bien amochés, tout comme la gauche de mon crâne. Je ne saigne pas, mais je suis terriblement faible. Malgré cela, j’entends au loin certains camarades discuter d’un sujet dont je saisis la gravité rapidement…
    - Il n’a pas recouvré ses forces encore. J’ai même l’impression qu’il nous quitte peu à peu…
    - Peut-être vaut-il mieux qu’il se repose avant qu’on ne lui apprenne toutes ces mauvaises nouvelles… Si jeune, et déjà tant de pertes… s’exprima un autre mercenaire.
    - Silence vous deux ! Les pertes font parties de la guerre ! Ses soldats sont morts avec honneur, pour une cause que l’on se doit de faire perdurer. Un jour, il se relèvera, et combattra à nouveau. C’est de soins dont il a besoin, pas de pitié…
    Qui sont ces morts dont parle IneLuTzu ?! Je n’ai guère compris les allusions faites, mais j’imagine aisément la valeur des mots choisis. Mon état leur semble préoccupant, et je devrai moi m’inquiéter en prime de lourdes pertes. J’ai peur. Et mes dernières pensées avant que je ne m’effondre à nouveau vont aux pires scénarios envisageables…









    Quelques heures ont du passer lorsque je me réveille enfin. Je regarde autour de moi : je suis dans la charrette des mercenaires, allongé dans la paille. Nous franchissons une immense porte d’un mur fortifié, d’une dizaine de mètres d’hauteur au moins ! Je vois défiler des bâtiments en pierre ornés de colombages, et de très nombreux passants. IneLuTzu me voyant m’agiter me rassure d’une voix calme et posée en m’apprenant que nous sommes dans la grande cité Windelion, capitale du mouvement favorable au Monde Oublié. Je m’émerveille de la richesse et de la beauté de celle-ci, de très loin supérieure à tout ce que j’ai vu jusqu’à présent dans ma petite vie. Les tours se font de plus en plus hautes, presque hautaines comme un bourgeois baissant à peine le regard sur un pauvre vagabond. Je me sens oppressé, rabaissé, mais surtout terriblement impressionné par ce spectacle unique ! Les reflets du Soleil couchant donnent un côté nacré et par endroit orangé sur les murs blancs faits de calcaire ou une roche proche. Et devant cette image presque irréaliste, je m’enfonce dans un immense bâtiment plafonné d’arches et de voûtes sculptées directement dans les fondations. Je vois s’approcher de moi une femme dans une tenue blanche et rouge, et IneLuTzu me dit :

    « Ariah, les blessures contractées sont assez graves, des soins doivent t'être apportés. Ces gens s'occuperont de toi, et t’aideront... Je t'en donne ma parole. »







    Navré pour le temps assez long depuis le dernier RP, et donc l'ancienneté des RCs proposés, plus vraiment en phase avec les RCs normalement montrés désormais, mais il fallait définir clairement la suite de l'aventure, chose faite pour moi normalement. Il y aura moins d'intervalle de temps entre ce texte et les suivants.
    En retraite bien méritée

  4. #4
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    Par défaut Re : Ariah Vitae, et la Découverte du Monde.

    - Son état empire… Je ne comprends pas, vraiment. Les blessures physiques ont toutes été soignées, le sang circule bien, son corps semble reposé. Mais son cœur, et apparemment son âme, nous lâchent. Je regrette tellement… Ma magie est impuissante.
    - Cet homme devait être le symbole de notre renouveau… Moi, IneLuTzu, j’avais juré de le protéger… Je ne peux croire en mon échec. Pas maintenant, pas avec cette précocité, alors que notre lutte ne fait que commencer… Nathou, tes pouvoirs dépassent l’entendement, tu as suivi l’enseignement des plus grands maitres guérisseurs… Cet art ne doit plus avoir de secrets pour toi, alors dis-moi qu’il existe un moyen de le faire revenir…
    - Son mal est intérieur… Il souffre, c’est évident, mais dans ce monde, nous sommes aveugles pour cerner ce problème… Alors oui, je connais un moyen de combattre ce mal. Mais cela exige des sacrifices dont tu n’as pas idée…
    - Je n’incarne pas l’avenir. Ariah en revanche deviendra le nouvel étendard de notre ordre. Je sacrifierai ma vie s’il le faut…
    - Ça n’est pas de toi dont il est question, IneLuTzu ! Tu vas devoir abandonner tes principes, et laisser d’autres gens faire face à leurs destins pour une fois.
    - Que veux-tu dire ?? Tu sais que je déteste l’idée que des hommes à moi se perdent dans les méandres du chaos pendant que je reste au calme… Je ne suis supérieur à personne, je n’ai pour seul soucis que la survie de notre espèce, et j’ai déjà commis plusieurs erreurs… Rester en arrière m’est impossible…
    - Aucun de tes hommes n’est concerné. Ecoute-moi. Pendant mes longs voyages au sein de ce monde, il m’est arrivé de rencontrer des hommes aux pratiques…disons… douteuses… Ma soif de connaissances m’a fait repousser sans cesse les limites du savoir… et celles de mon corps aussi. Ce fut le cas lorsque je rencontrai Nilrhem, une personnalité complexe possédant des pouvoirs que la mort n’aurait elle-même pas renié. Cet homme m’a appris des sorts anciens dont plus personne ne connait l’existence. Des sorts d’une puissance rare, qui ne peuvent être transmis et utilisés à la légère. Il se trouve que parmi ceux-là, il y en a un qui peut sauver Ariah.
    - Nathou, mon amie, je ne peux accepter cela. Je sais où tu veux en venir, mais tu ne mérites pas de te sacrifier pour un autre, fusse-t-il le futur maître de l’ordre… Nous trouverons un autre moyen de le sauver, mais je t’en prie, renonce !
    - Dans quelques heures, son énergie vitale aura atteint un niveau critique... Dans quelques heures, son corps deviendra inerte, avec les conséquences que tu sais… Les solutions ne sont pas légions… Si je ne peux pas le sauver, personne ne le peut… Et mon choix est déjà fait, depuis quelques temps. N’oublie pas la devise sacrée de notre ordre IneLuTzu !
    - La devise a perdu de son sens depuis quelques temps ! Je n’y puis plus grand-chose à vrai dire…
    - Alors il vous faut renaitre de vos cendres. Reformez ce qui fut pour définir ce qui sera. Tel doit être votre crédo désormais. Ine, bien des peuples vous rejoindront, j’en suis convaincu, alors poursuis le combat ! La cause que j’ai défendue toute ma vie durant est noble. Ne laisse pas le chagrin t’aveugler sur la réalité de ce qui est en train de se dérouler.
    - Oui… Oui, tu as raison, évidemment ! L’ordre n’est pas mort… Il a survécu plusieurs siècles, a traversé des âges dont nous n’avons guère gardé de souvenir… Nous ferons l’essentiel pour ramener l’équilibre dans ce monde, cela doit être notre but !
    - Et pour l’atteindre, je m’offre à la vie pour permettre à Ariah d’accomplir sa destinée… Fais vivre mes semblables dans la liberté, c’est là mon unique requête… Tu me manqueras Ine. Prend soin de toi.
    - Nathou… J’honorerai ta mémoire, et offrirai à ta sépulture les égards dus aux reines d’autrefois ! Allez, va ! Je ne t’oublierai pas…
    - Puisse nos descendants trouver le réconfort dans la paix que vous leurs offrirez ! Adieu mon ami !


    (Une trentaine de minutes plus tard)

    - Nathou s’en est allée ?
    - Oui, elle a choisi d’exiler son esprit pour sauver ce qui peut l’être… Espérons que son sacrifice ne soit pas vain.
    - Nous ferons en sorte que ce ne soit pas le cas, l’ordre en fait le serment !
    - Merci Expendable… Merci pour elle !

    (Quelques heures après)

    Je me réveille, emmitouflé dans des draps trop soyeux pour appartenir à l’imaginaire. Je m’étire, et parviens à gagner le bord du lit où j’aperçois des affaires propres. Un corps est allongé sur le sol, et, tandis que j’observe les traits paisibles du visage, mes souvenirs rejaillissent tels des flèches volant dans les airs. La mort m’a ouvert les bras, mais la vie s’est chargée de m’en extirper. Puis, alors que je décide de me lever pour évaluer la densité de mes muscles, j’entends les voix à nouveau résonner dans ma tête. Quelqu’un a parlé, ou chanté, durant mon long sommeil, et je pense que cela s’est passé récemment. Je peux même l’affirmer avec sûreté, me rappelant peu à peu l’origine de ces paroles, et leurs exactitudes. Nathou a préféré sa mort à la mienne, sans raison suffisante pour que je ne la comprenne totalement. Tenter d’utiliser une telle magie peut s’avérer être un fardeau plus qu’une solution. Je m’estime néanmoins heureux du résultat final, ses efforts ont payé, et plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer au départ. J’arrive à la porte, l’ouvre, et tombe sur IneLuTzu, endormi dans une position que j’imagine peu confortable sur une chaise. Le bruit occasionné a du le réveiller, je vois ses yeux s’ouvrir, et se refermer immédiatement pour se laisser le temps de s’acclimater davantage. L’aube doit à peine pointer, je ne sens aucune activité dans les alentours. Sa tête se tourne vers moi, et il m’observe, tel un garde muni des pires doutes, jusqu’à se remettre sur ses jambes, s’approcher vers moi, et me prendre dans ses bras. Un simple murmure de sa part me fait prendre conscience de l’importance que revêtait à ses yeux l’existence de Nathou. Pleurer ne lui est pas permis, mais le chagrin de l’avoir perdu est réel. C’est du moins ce qu’il lui semble :
    - IneLuTzu, mon ami, ne regrette pas ce que tu n’as pas encore perdu. L’heure de la fin n’est pas arrivée.
    - Je suis heureux de ton retour, mais seul le temps enlèvera le poids que j’ai sur le cœur. Ne recherche pas de logique cette fois-ci… Comprends-moi juste…
    - Ine, tu ne m’as toi pas compris. Quand Nathou a lancé son esprit dans mon corps pour sauver ce qui pouvait l’être, elle n’a pas pensé qu’elle y trouverait une aide, la mienne. Je n’aime pas non plus l’idée que l’on se sacrifie pour moi, alors j’ai fait ce que j’avais à faire dans mon état. Nos esprits mutuels se sont croisés, entremêlés, et ont fini par fusionner, même si l’image parait bien simple comme cela.
    - Mais, alors, cela signifie que… Nathou… Elle… Elle a survécu ?!
    - Oui, cela signifie que son âme fait parti de moi désormais. Nous formons un tout, ici, maintenant, et à jamais ! Ine... Nathou n’en a pas fini avec ce monde !
    En retraite bien méritée

  5. #5
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    Par défaut Re : Ariah Vitae, et la Découverte du Monde.

    Les ombres guettent.
    Le temps de la reconstruction arrive à son terme. Nos hommes parcourent ces terres depuis maintes semaines, recueillant de toute part informations, ressources et relations.
    Aujourd’hui, notre ordre est pris pour cible, telle une vulgaire proie dont la destinée s’écrit en pointillé. Enfin, l’occasion est donnée aux mercenaires d’informer Haëtan que notre ordre s’oppose à ses agissements...
    Actons ce jour comme celui de la renaissance… Car en ces heures retrouvées, nous devenons l’image de nos espérances, et de nos croyances.
    Offrons au monde la vision qu’a imaginé l’ordre voilà des siècles…
    Offrons aux peuples le prélude du chaos que nous installerons, au nom de la défense des peuples vertueux de cette planète…


    En contrebas, les hommes s’activent, soucieux d’accueillir l’assaillant en position dominante. La confirmation du déplacement de l’armée n’est intervenue que récemment, mais l’info circule depuis bien plus longtemps, troublant la quiétude de nos paisibles villageois.

    Les raids incessants menés à leur encontre ont eu raison de leur patience. J’ai personnellement participé aux côtés des miens à plusieurs missions, dans le but de redevenir celui que je fus dans une autre vie. Là résidait la première difficulté de ma nouvelle identité, et je pense m’en être tiré avec grande réussite tant les prévisions semblaient bien pessimistes.

    Les contrées d’IneLuTzu sont ciblées, en représailles aux actions de grande envergure menées ces jours derniers. Nous n’avons guère jusqu’à lors été menacés, mais l’ennemi est à la tête d’une troupe surpassant tout ce que nous avons pu subir depuis plusieurs siècles. Il ne nous est pas permis d’échouer, trop de conséquences néfastes en découleraient.

    Je me dirige vers l’espace aménagé pour l’occasion, et, profitant de la présence nombreuse autour du coin stratégique où s’entremêlent camarades mercenaires et soldats, fais discrètement un geste de la main à Willyfree lui demandant de me rejoindre.

    Devenu le bras droit d’IneLuTzu, il est les oreilles de notre confrérie, et ce, depuis son acceptation en notre sein. Sa dévotion à notre cause nous fût utile à de nombreuses reprises, dévotion qu’il professa quelques semaines auparavant, au cours d’une soirée glaciale où silence et désespoir semblaient dominer nos vies. Je m’en souviens encore parfaitement, lorsqu’il s’avança pour la première fois vers IneLuTzu et moi… :


    «
    IneLuTzu : Quel vent obscur t’amène à nous, camarade ?
    Willyfree : Je viens donner mon bras, mon épée et ma vie au service de votre œuvre.
    IneLuTzu : Que pourrai-je donc bien en faire ?
    Willyfree : Ma famille et mes amis sont morts, terrassés, humiliés dans leur sang, lors d’une attaque d’Haëtan et de ses sbires. On ne leur a laissé aucune chance de s’en tirer… On leur a retiré le droit de vivre… Je veux servir et aider à la destruction des Natars et d’Haëtan, pour réparer ma faute…pour réparer le fait que je n’ai pas pu les sauver de ce malheur…
    Ariah Vitae : Tu sembles être rongé par un mal mon ami, ancré dans les profondeurs de ton corps…
    Willyfree : Le mal qui vit en moi ? Je suis malade…une maladie héréditaire et irrémédiablement fatale : Elle se nomme la vie. Et cela depuis que les natars ont massacré les miens. Je ne peux rester dans mon coin alors qu’ils ressurgissent. Je souhaite participer à leur anéantissement une bonne fois pour toute, en l’honneur des miens, et dussé-je mourir pour y arriver. En faisant d’un prétexte la création de la civilisation, ils ont engendré le mal de notre temps, allié à une barbarie jamais vue. Cette dernière, je l’incarne, ici, maintenant et à jamais. Je n’ai qu’une unique demande… Lorsque mon corps et mon âme ne seront plus d’accord que sur la rupture, je veux rejoindre les miens dans le nord est du pays.
    IneLuTzu : L’ordre ne recrute pas sur demande… Cependant, ton histoire est en adéquation avec ce que nous recherchons. Mais en vaux-tu la peine ?
    Willyfree : Dès le berceau on m’a appris à manier l’épée et l’arc. A 10 ans, alors que s’amuser avec des armes en bois ne suffisait plus, je connus les premières joies du maniement des armes de sièges. Depuis, je n’ai d’amour que pour ces engins. Je guerroie un peu partout en servant comme mercenaire aux plus offrants. Aujourd’hui, l’espoir de pouvoir enfin venger ma tribu m’enjoint d’offrir ma force à cet ordre, et de sacrifier mes capacités pour votre idéal, que je partage. Cela, en espérant que mon cercueil sera davantage rempli de pierres que ceux de mes ancêtres. »


    Et il prononça, empli de fierté et d’honneur, la promesse de fidélité…

    Arrivé à ma hauteur, il me salue, et sans plus attendre, me fait un résumé de la situation, à quelques heures de la bataille :
    - Beaucoup d’hommes répondent à notre appel. Il en afflue de toute part, des plus proches cités aux plus lointaines contrées, tous viennent honorer leur engagement commun. Une telle mobilisation me rend optimiste. Nous avons recréé l’espoir !

    Je reçois de sa main un parchemin recensant l’intégralité des troupes se mettant à notre disposition. Parmi elles, bien des mercenaires amis, pourtant dans des zones éloignées. J’y observe la présence de βaltringue, βadaβoom, et Baltringue, trois anciens guerriers de l’ombre ayant décidé de se mettre au service d’un idéal supérieur. Leurs terres nous ont permis d’étendre notre influence loin au Nord et de renforcer nos positions actuelles. Choupinette nous honore également de sa présence. Grace et légèreté accompagnent chacun de ses pas, rendant acceptable et humaine notre volonté de justice chaotique.

    Parmi ces alliés, nous comptons skrax, plus jeune membre de l’assemblée mais non moins courageux que la plupart. Fervent défenseur des causes de la nature et des espèces animalières, nous l’avons recueilli et hébergé au moment où sa vie et celles de ses « enfants » en dépendaient. Il s’est engagé à nous le rendre au centuple. Je lis encore Sn00p, récemment recruté par notre assemblée. Je reste quelques secondes arrêté sur son nom, puis je regarde Willyfree en levant le papier. Un sourire se dessine sur ses lèvres, auquel je réponds d’emblée :
    - Déjà désireux de participer au combat le nouveau, nous ne pouvions espérer davantage. Il semble prometteur, et soucieux de l’avenir de l’ordre.
    - Il faudra le ménager pour ce combat, rien ne sert de perdre de jeunes éléments, et la mobilisation est suffisamment importante pour qu’il y ait la moindre prise de risque.

    J’acquiesce sans dire mot, puis me voilà reparti dans la lecture du parchemin. Le Jazz, souvent surnommé papy Ledja, eut égard à son expérience inégalée, est également annoncé, bien qu’aucun éclaireur n’ait encore apporté l’information de son arrivée. Ses territoires s’étendent bien au-delà de notre frontière sécuritaire, et, n’hésitant pas à partir en mission régulière, sa présence peut paraitre surprenante. Un élément de confiance possédant une capacité de trouvaille humaine impressionnante. Enfin, le dernier nom de la liste est une vieille connaissance d’IneLuTzu. Bilou & WraiThS, ami de longue date et ancien frère de l’ordre, pour servir à nouveau à nos côtés. Ses connaissances du terrain permettent à nos armées de s’engouffrer dans les passages les plus obscurs et de tendre les pièges les plus retors à nos ennemis.

    Je reste passif, observant au loin les volutes de fumée dégagées par d’innombrables déplacements. Amis ou non, il est certain qu’ils amènent tout droit leurs auteurs vers nous, vers le royaume d’IneLuTzu… Royaume que nous n’avons pas su défendre quelques jours plus tôt, lors de la première réplique directe de l’ennemi… Leur chef, à la tête de son armée, s’est infiltré à notre insu dans les plaines environnantes et a débuté le rasage d’un village côtier. Notre intervention rapide l’a obligé à battre en retraite, sans pour autant empêcher que des dégâts, certes minimes, soient occasionnés.




    Depuis, nous guettons la moindre trace d’activité chez lui, et attendons qu’il vienne à nouveau faire jouer sa témérité sur nos terres.

    Mais la situation est complexe. Officiellement, il est et a toujours été apparenté à l’immense territoire des SOF, peuple indépendant dont on soupçonne les chefs d’avoir été corrompus et d’être au service d’Haëtan, sans que cela n’ait été prouvé. Nous n’avons pour le moment tenté aucune approche envers eux, nous patientons et observons leurs agissements. Mais cette deuxième offensive a relancé les rumeurs selon lesquelles ce peuple utiliserait cette armée pour espionner nos réactions. En conséquence, leurs autorités suprêmes nous ont envoyé une missive, afin d’éteindre toutes velléités contraires à leurs envies, et pour nous assurer que l’agresseur agissait de son propre fait… L’ordre se réserve encore sur la suite à y apporter, mais cela révèle une information que nous savons capitale. Nous sommes craints, dans notre chance, par les indécis autant que par nos opposants. Cela jouera lorsque viendra l’heure des choix…

    L’ennemi approche, il est temps pour chacun d’entre nous de se préparer. La cité est défendue comme aucune autre n’a pu l’être ces derniers temps. Des hommes venant de peuples oubliés, dont les origines sont incertaines, des soldats envoyés par de petits seigneurs désireux d’afficher leurs envies de vaincre à nos côtés, et même des grands rois ayant traversé tout le Nord du pays dans le but de défendre des pratiques qu’ils tolèrent et soutiennent… Notre fierté est immense, de pouvoir compter sur ces hommes de bien.

    Dans quelques heures, notre premier combat véritable aura lieu, libérant avec énergie la pleine puissance de deux armées s’entrechoquant avec fracas pour la possession ou la destruction d’un repère hautement stratégique et symbolique.

    Mais surtout, dans quelques heures, Haëtan, roi des Natars, seigneur de l’exil et de l’effroi, maître incontesté de ces terres depuis des siècles, connaîtra un accroc dont les légendes s’accorderont à dire qu’il fut le point de départ de sa lente déchéance…





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